Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 14:27


Préambule :

 

J’aimerais écrire un bref récit (histoire vraie) pour raconter mes petites aventures avec un skipper (ou qui se prétend tel), j’ai une petite expérience de nav. en restant modeste (toutes contrées, toutes mers : actuellement à Brest et au paravent en Calédonie) et voudrait dénoncer certaines pratiques de pseudo-charter amateur. Je sais, c’est pas bien de dénoncer , cela rappelle les jours sombres de notre histoire, mais ici il sera simplement question d’éviter pour certains de tomber dans le panneau du gentil chef de bord et pour moi d’écrire un petit texte pour me défouler ou simplement me et faire plaisir, ceci pour rompre avec les histoires de mer ou tout est splendide, les iles paradisiaques et les gens merveilleux dans un monde enchanteur !

 

 

L'annonce alléchante

 

LE BATEAU : "EAUX-LIBRES", SUN ODYSSEY 37 de l'an 2000 bien équipé (toute l'électronique, pilote automatique, confort, annexe avec moteur, guindeau électrique, spi, panneaux solaires), 3 cabines doubles, équipé en première catégorie pour 8 personnes mais l'objectif n'est pas de "remplir" le bateau : je limite à 5 personnes en tout, nous compris, à la rigueur 6.

L'EQUIPAGE. Nous sommes un couple de quinquagénaires.

-J.C. : diplômé B.P.P.V., ingénieur de formation, 58 ans,est un passionné de voile qui cumule plus de 30.000 milles d'expérience

- M. : elle a découvert la voile il y a seulement un an et demi, mais a déjà à son actif plus de 4.000 milles.

Cette année, nous organisons deux croisières : une en Corse du 14 juin au 3 juillet 2008 et une autre du 9 juillet au 04 octobre 2008, en Méditerranée occidentale entre Corse, Sardaigne, Baléares, Costa Brava et Côte Provençale. Bien entendu, si vous êtes désireux de faire une croisière d'un jour à deux semaines après le 4 octobre, au départ de St-Raphael, en direction des Iles d'Hyères, des calanques de Cassis, des Apes-Martimes, de la côte ligure ou de la Corse, nous pouvons tout à fait l'organiser ensemble. Dans ce cas, n'hésitez pas à nous en parler.

Voici donc notre programme pour cette année 2008 : St Raphaël, Sardaigne, Baléares, etc..et retour

 

Ce calendrier, très large, a été bâti pour avoir le temps de profiter de tous les plaisirs de la croisière et notamment : du plaisir du mouillage, du plaisir de l'escale, du plaisir du tourisme aussi. Il n'est pas définitif et pourra être modifié en fonction de vos desiderata. Il est bien sûr possible de s'inscrire pour une période plus courte que 15 jours : chaque demande sera étudiée cas par cas.

Cette croisière s'adresse à des équipiers de tous niveaux : que vous soyez débutant ou super-expérimenté, vous aurez l'occasion d'augmenter votre compétence en matière de navigation et de maîtrise de la voile.

Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à me contacter au téléphone pour en discuter. Ce que nous aimerions, si c'est possible, c'est vous rencontrer pour faire connaissance préalablement.

A bientôt.

J.C.


Le récit aurait pu commencer ainsi :

 

Pour cette première partie de la croisière, nous somme de nuit et la mer est déjà bien formée au large de Barcelone, on reconnaît cette houle courte et croisée de Méditerranée, peut être force 8 pour la mer, pour le vent c’est plus difficile à évaluer. L’inconfort de la cabine me pousse à essayer le pont pour dormir mais la couchette qui reste disponible semble rouler (au sens terrien du terme) d’un bord à l’autre avec la désagréable impression de m’envoyer par dessus bord. Il faut dire que cette « couchette » n’est autre qu’un vulgaire bain de soleil et que je suis bien toujours sur le pont de ce ferry qui nous mène à Mahon, si célèbre pour son émulsion. La nuit a été longue et sans sommeil mais à l’aune les éclairages rasant sur la côte est de Minorque étincellent et nous somme heureux de retrouver un « vrai  canote » qui, sans nul doute, nous accueillera de la meilleure façon pour naviguer dans un climat moins tonifiant que celui de notre chère Bretagne . L’accostage se fait au fond de la baie, loin du centre et curieusement nous n’arrivons pas à joindre notre hôte sur son portable, pas grave, nous entreprenons donc de trainer nos sac jusqu’aux quais réservés à la plaisance….
Mais pour la suite, nous nous contenterons d'un courrier: 

 

 

Lettre ouverte à notre skipper :

 

 

Dès le premier jour, du fait de l’accueil glacial (un vague salut, peu de présentation, à peine un café offert), nous avons eu un doute mais nous nous sommes mis tout de suite à la tâche, c’est à dire d effectuer toutes les courses (à pied) pour la croisière sans aucune organisation préliminaire et bien sur la quasi obligation d’assurer tous les frais (style on paye d’avance).

Nous avons été également surpris par l’état du bateau qui, bien que de 2000 seulement ( ?°) avait déjà l’air défraîchi (voiles fatiguées, multiples réparations faites ou à faire, intérieur sale et bordélique, annexe pourrie, etc…).

L’art de la navigation prodigué par notre « skipper » nous autant interpellé : pas de programme annoncé : on va ou le vent nous mène, pas de consultation météo (le téléphone coute cher), pas de cap précis (on suit la ligne des 20 m ! par exemple), choix des mouillages hasardeux (de préférence avec de la houle puis qu’on ne connaît pas les prévisions…), pas d’utilisation de GPS (en panne ?), bref, on sait à peine où on se trouve.

Cette grande maîtrise de la navigation nous a paru étayée par de non moins grandes théories :

la table à carte ne sert à rien (évidemment, elle lui est inaccessible vu son tour de taille, elle est donc reléguée au rang de poubelle); naviguer au moteur, c’est pour les pédés ; je n’utilise pas le gps (mais il n’y a pas d’estime non plus), une erreur commise : c’est forcement un équipier (l’histoire de l’atterrissage sur Minorque version skipper est un vrai roman), toutes réflexions évoluées sur les règles de navigation et de priorité.

C’est ainsi que dès le deuxième jour nous nous sommes sérieusement demandés si nous allions pouvoir rester, mais la réponse et vite venue le soir car notre brillant « chef de bord » au delà d’être un vrai marin sait jouer aussi le machito (en castillan dans le texte), il harangue sa compagne, vilipende à loisir ses « invités », insulte ses équipières (ta gueule. Connasse, je veux plus d’entendre !!..), pisse par dessus bord sous le nez des convives à table…Evidemment devant une telle convivialité, justement ; il n’y avait plus qu’à quitter le bord, ce que nous fîmes le troisième jour.

Je t’informe ainsi par courtoisie (est ce bien nécessaire en fait ?) que j’ai l’intention de développer et de préciser cette narration, de la diffuser largement sur le net et dans le milieu nautique que tu peux côtoyer.

 

 

Aspects techniques de la navigation

 

Notre messie, mais si mais si, a eu en effet la bonté de nous faire connaître cette technique évoluée de navigation sur une ligne de sonde. Il avait ainsi remarqué que la ligne des 20 m était assez régulière sur la carte de Minorque, oh pas sur une carte du shom, bien trop onéreuse mais une sorte de carte Michelin améliorée marine, je crois, car en tant que simple embarqué je n’avais pas accès à ces documents hautement stratégiques et confidentiels. La technique est habile et efficace car elle permet pour le navigateur de définir précisément et rapidement la route sur le papier sans s’encombrer d’instruments absconds tels que la règle crasse (je dis crasse volontairement car elle avait son domicile sur la table dite à cartes et portant le même qualificatif) ou le compas pointes sèches aux risques de piqures, sans parler du gps, instrument indigne de la vraie marine à voile devenant vite d’ailleurs dangereux sur un navire peu électrifié.

L’information ainsi élaborée est alors vite communiquée au barreur :

« yaka maint’ nan suivre la ligne des 20 m », plus simple et plus direct, elle permet au maître des lieux de retourner aussitôt sur sa couchette cuver son vin ou finir le gorgeon pour un repos bien mérité compte tenu de son niveau élevé de responsabilité. Le barreur n’a plus alors qu’à suivre l’affichage digital du sondeur, ce qui lui offre, il faut bien le reconnaître, une meilleure tranquillité d’esprit qui n’est plus alors occupé par des notions complexes de cap compas, vrai ou pas vrai, compensé ou pas.

Une ombre cependant au tableau idyllique, le tout puissant pendant son sommeil sous traite la surveillance du navire à sa favorite du moment la charmante Marie Mado (surnom de Marie Madeleine), très vigilante et sourcilleuse sur le respect des ordres et, gare a l’aprenti barreur si le sondeur indique 19, 90 m (risque grave d’écueil) ou 20,10 (éloignement vers l’incertitude du large). La menace reste alors présente et oppressante que le tout puissant soit réveillé et vienne gronder tel Zeus et sa foudre sur l’équipier égaré….

 

 

Un équipier en dessous de ...

 

Notre cher JC nous avait promis une belle histoire pour la première soirée. Il ne cessait en effet de faire allusion au précédent équipier , garçon charmant au demeurant mais qui avait failli à peu de chose les mener lui et sa tendre compagne vers une fin atroce…Dans le soucis d’agrémenter notre première soirée, le skipper attendra le moment divin de l’apéro pour nous conter le récit épique ….

Il s’agissait de l’atterrissage l’avant veille sur Minorque, le temps était un peu frais mais maniable, aussi en début de nuit le skipper jugea bon de laisser le bateau entre les mains de l’équipier afin de se reposer convenablement pour mieux affronter , sage option, les difficultés du lendemain. Quelques heures après le début du quart cet équipier donc commence a apercevoir un feux approximativement dans son cap, probablement Favarit ( ?) mais le skipper n’a pas su nous dire…Il jugea mieux de faire route dessus et d’être ainsi guidè pour le restant de la nuit, comme il n’y avait pas de problème il ne jugea pas utile de réveiller le skipper (pourquoi, on peut se le demander…). Enfin de nuit, arrivée juste au pied du phare sur les roches, on réveil le chef qui affolé vire ou empanne, on ne sait pas en catastrophe et évite de justesse, selon lui l’encailloutage (pour ne pas dire échouage). Eh oui, l’équipier ignare ne savait pas que le phare ne conduisait pas directement sur l’axe du chenal du port mais sur des écueils peu accueillant.

Donc, conclusion du capitaine : j’ai sauvé le navire grâce à mon instinct de marin ( !) et malgré cet équipier dont j’avais mal perçu l’incompétence…et fier de sa réactivité !

Bien sur le récit m’a laissé dubitatif mais, non, je ne me suis pas moqué…tout le monde peut se tromper.. et juste une question : qui gérait la nave ?…Apparemment pas grand monde comme la suite nous l’a montré….


Par jakez - Publié dans : voile
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